La Loue, majestueuse, traverse la belle ville d'Ornans d'un bief calme entre deux lignes de maisons sur pilotis. Ce «miroir» fluvial, où l'on contemple depuis le Grand Pont le décor inversé, est sans dote le plus beau fleuron de cette cité qui, pourtant, compte également quelques beaux monuments : l'église, reconstruite au XVIe s. à partir d'un édifice romain, l'hôtel de ville du XVIIIe s., l'hôtel de Grospain, du XVe s.
La noblesse de ces vieilles pierres trahit le riche passé d'Ornans. Dès 1244, un charte, concédée par le souverain de la Franche-Comté, précise que la ville est administrée par un "magistrat", l'équivalent de notre conseil municipal. Le maire, les quatre échevins et les douze jurés sont élus chaque année par les chefs de famille âgés de plus de 25 ans. La ville, dotée du droit d'asile, assure sa défense par l'entretien d'une milice qui tient garnison dans le château, un édifice d'ailleurs tant battu par les vents que ses tours y sont alors désignées sous le terme de «froidcul». Ces défenses ne suffisent pas à arrêter l'invasion des Suédois de Bernard de Saxe-Weimar, lors de la guerre de Trente Ans. Sur les 8 600 âmes que comptait Ornans et ses environs, on ne dénombre que 1 530 survivants !
La capitale de la vallée de la Loue se flatte aussi d'être le berceau de plusieurs célébrités. Au XVe siècle, cette petite ville a donné le jour à Nicolas Perrenot, seigneur de Granvelle, chancelier de Charles Quint. Deux siècles plus tard, un autre enfant du pays et capitaine du château, Pierre Vernier, devient l'inventeur de l'instrument de mesure qui porte son nom. Et surtout, Ornans est la patrie de Gustave Courbet, qui a merveilleusement su rendre dans ses toiles l'atmosphère des paysages de la Loue.
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