Les Vouivres
 

 

C'est une serpent femelle, ailé, qui traverse l'espace la nuit en laissant derrière lui un sillage de feu. Sa tête porte une sorte d'antenne au bout de laquelle luit un oeil unique fait de diamant ou d'escarboucle (nom ancien du grenat). La vouivre aime boire l'eau fraiche des ruisseaux ou des lacs. Pour se désaltérer, elle est obligée de déposer son oeil, qu'elle cache sous des feuilles mortes ou de la mousse. Mais malheur à celui qui s'en empare !
Les vouivres gardaient les trésors ensevelis des châteaux : ceux d'Oliferne, de Montrond et de Dramelay en gardent le souvenir. A Longchaumois, elle hantait la fontaine de la Corbière.

Etoile

Autrefois, il y a très, très longtemps, vivait, dans un château du Jura, une princesse aussi belle que méchante.
Elle terrorisait les villageois et ne se manifestait que par sa cruauté et ses mauvaises actions. Un jour, elle chassa de sa demeure une belle dame qui était venue lui rendre humblement visite, ne voulant écouter celle qui lui parlait de bonté et de générosité.
Hélas pour la princesse, la visiteuse était une fée qui la transforma en vouivre.
Ce serpent aux ailes de chauve-souris dut alors vivre caché et, dans le Val de Mièges (Jura), on dit qu'il ne sort de la caverne dans laquelle il garde des trésors que le jour de la chandeleur.
Ailleurs, on raconte que la vouivre n'a qu'un oeil, formé d'un énorme et magnifique rubis. Ce joyau éveilla de nombreuses convoitises, mais comme la vouivre ne s'en séparait que pour se baigner dans la Loue, tous ceux qui tentèrent de s'en emparer furent tués par des serpents, noyés dans la rivière ou emmenés dans les airs.
Ainsi, la vouivre, en divers endroits de Franche-Comté, se manifeste de façons différentes, mais un jour, elle fini par être capturée... sous la plume de Marcel Aymé qui en fit l'héroïne d'un célèbre roman...

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