Depuis sa source et tout au long des 430 kilomètres de son cours, le bien nommé Doubs - son nom vient du latin dubius, qui signifie douteux - n'est que sinuosités et brusques changements de direction. Avant d'aller grossir la Saône à Verdun-sur-le-Doubs, en Bourgogne, la rivière permet le découverte de pays, de sites, de régions bien différentes, traversant même la frontière franco-suisse qu'il délimite à d'autres endroits.

Le doubs, plutôt silencieux l'été, l'hiver jaillissant avec fracas, prend sa source à 950 mètres à la sortie d'une grotte du Noirmont. Pour suivre son cours, il lui faut, en quittant Mouthe, prendre la direction de Pontarlier. La rivière n'est alors qu'un ruisseau, les sapins lui font une haie d'honneur jusqu'au lac de Remoray, séparé lui-même du lac de Saint-Point par un seuil marécageux. Le Doubs traverse le lac de Saint-Point (ou lac de Malbuisson), une cuvette d'origine glaciaire, fermée par une ancienne moraine.

La vallée du Doubs commence à descendre par le défilé d'Entre-roches en formant une gorge sinueuse. La rivière coule, large et calme jusqu'à Morteau, ville plus connue pour sa délicieuse saucisse mais qui reste un important centre horloger.

Le Doubs est redevenu bien paisible avant d'aborder Villers-le-Lac : il s'étale en larges bassins enserrés de falaises rocheuses. Il forme le lac de Chaillexon, poursuit son cours à travers des défilés étroits, entourés de rocs escarpés tels les rochers de l'Echo, de la Casquette et du Sphinx et celui où l'abbé Simon, alors curé de Saône, fit en 1950 un plongeon de 25 mètres, battant alors le record mondial de l'époque. Les flancs se resserrent à leur extrémité, ne laissant plus d'autre issue qu'une ouverture d'une dizaine de mètres de largeur, par où la rivière s'élance et se précipite perpendiculairement de 27 mètres de hauteur, avec un bruit imposant décuplé par les échos, dans un abîme profond.


Le saut du Doubs

Le Doubs sert de frontière entre la France et la Suisse sur quelques kilomètres. Des gorges très profondes, dotées de petites routes, permettent d'accéder au barrage du Chatelot, long de 150 mètres puis aux «Echelles de la Mort». Il pénètre en Suisse, dessinant une boucle d'une cinquantaine de kilomètres puis il se ravise et fait volte face, revient en pays comtois et s'enrichit de son affluent le Dessoubre à Saint-Hippolyte. Il traverse le Lomont au défilé de Pont de Roide, puis oblique vers le Sud-Ouest à Audincourt.


Besançon
A partir de là, le Doubs s'oriente vers l'Ouest, résolu à ne plus quitter la Franche-Comté. Après avoir frôlé Montbéliard, il s'écoule en direction de l'Isle-sur-le-Doubs, situé sur la rive droite et sur le canal du Rhône au Rhin. A hauteur de Clerval, la vallée s'élargit et, aux approches de Branne, laisse apparaître de tranquilles petites îles. S'ouvre alors la vallée du Doubs proprement dite, qui mène jusqu'à Besançon.

Il longe le Jura en décrivant de nombreux méandres et rejoint la Saône à Verdun-sur-le-Doubs.

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